Le château des Licornes

Façade avant

Lorsque l’on aperçoit, de fort loin, la façade avant du Château des Licornes, il y a d’emblée plusieurs choses qui interrogent.

Tout d’abord les essais d’enduit très blanc, par vastes aplats, en bas à gauche et tout en haut à droite.

Façade avant

Et en approchant, on voit bien que la partie gauche, composée de deux grosses tour rondes et d’un corps central ne va pas avec le reste.

Nous comprenons en cherchant et en trouvant le peu d’écrits existants sur ce château qu’il s’agit en réalité de deux constructions d’époques différentes. La partie gauche est un petit manoir du XVème rélié par une galerie à une partie plus récente de style renaissance qui date de 1868.

Nous faisons le tour et constatons que la partie arrière comporte une chapelle de taille importante, en débord de la façade.

Façade arrière

L’ensemble est assez peu cohérent, ce qui n’est pas démenti par le côté gauche du château. C’est un imbroglio de tours: ronde, carrée, octogonale, de meurtrières, de chien assis, de cheminées de toutes tailles…

Le Château des Licornes est notre première visite d’un château encore meublé. Je ne vous cache pas que c’est perturbant. On a le sentiment permanent de rentrer dans l’intimité de gens, à la sauvette, sans y avoir été invités.

La plupart des objets et des meubles sont restés en place depuis le départ des occupants que nous avons évalué à 2011 (d’après les vues remonterletemps et une info sur la vente du château).

En juin 1940, le château a été occupé par les allemands, la salle à manger leur servait de bureau.

On voit quand même que certains urbexeurs se sont fait plaisir en reconstituant des scènettes de la vie quotidienne, pour des “vidéos chocs”…

Rien n’a encore été dégradé, pas de tags, presque pas de casse, juste un peu de désordre, mais il est difficile de distinguer ce qui a toujours été là de ce qui a été scénarisé.

A propos d’urbexeur, nous ne sommes pas seuls. Dans la cour en arrivant, nous croisons un homme en noir avec appareil photo et trépied. Nous échangeons quelques mots, quelques tuyaux (Par quel endroit on peut rentrer? Où se trouve l’entrée de la chapelle?).

Nous le recroisons à plusieurs reprises et nous nous faisons de grands signes de la main sur la route en repartant.

A plusieurs endroits nous trouvons des portraits photographiques de différentes époques, peut-être d’anciens propriétaires.

La chapelle, qui est bien cachée par une porte capitonnée située sous l’escalier, est un des moments forts de la visite. Les peintures magnifiques, les vitraux sont encore entiers, la chasuble du prêtre est toujours là.

Retour dans le hall d’entrée, le plafond présente une coquetterie architecturale étonnante: un grand trou parfaitement rond, que l’on devine entouré à l’étage d’une balustrade, fait un puits de lumière.

Nous regrettons de ne pas avoir levé le nez lorsque nous étions sur le palier du 1er étage, car les photos nous montrent, à postériori, ce qui semble être peut-être un luminaire rond mais plus surement un vrai puits de lumière qui doit prendre naissance quelque part sur le toit.

A l’étage, le palier fait office de petit salon, on y trouve de très jolis meubles sur mesure et un piano droit. Il manque les tableaux alignés au dessus des meubles et qui ont laissé des traces plus foncées sur le tissu des murs.

De chaque coté du palier, deux portes capitonnées mènent chacune à un couloir qui dessert une ribambelle de chambres.

Il y a également une curieuse bibliothèque remplie de machines à coudre Singer et de jolis livres reliés (Pline le naturaliste, Plaute, Cicéron, Martial, Tite-Live…)

Il n’y a ici q’un tiers des photos que nous avons prises. Le château des Licornes est immense, il y a des dizaines de pièces et son plan nous échappe complètement.

La visite qui nous a pris plusieurs heures s’achève et les licornes nous attendent à la sortie.


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