Les Thermes Bleus

Après avoir tenté d’accéder, comme nous le faisons à chaque fois, par un obscur passage détourné, mais cette fois sans succès, nous décidons de passer par la route et le chemin “officiel”. Perdu pour perdu….

Otis, notre chien, fait un merveilleux prétexte à cette “promenade”, innocente et dominicale.

Arrivés à 50 m du portail nous entendons derrière nous une voiture qui s’approche, l’idée m’effleure de me jeter dans le fourré. Mais elle nous dépasse finalement et s’arrête devant l’entrée. Nous prenons l’air dégagé et devisons innocemment. La dame qui descend de la voiture trouve Otis mignon et engage la conversation.

Elle nous explique que le gardien n’est jamais à son poste, qu’elle dispose de la clef du cadenas car elle habite une maison un peu plus haut et qu’elle a une servitude de passage pour traverser le terrain des Thermes Bleus.

Nous lui demandons si nous pouvons entrer avec elle. Elle nous dit avec un peu de lassitude qu’il y a beaucoup de passage, et que, la nuit, c’est un ballet de lampes torches.

Elle nous laisse quand même rentrer sur notre bonne tête et la perspective d’offrir à un mignon petit chien une belle ballade dans un parc.

Les bâtiments thermaux sont très abimés par le temps et les intempéries, les tags commencent à apparaître et c’est une vraie catastrophe.

Le nom de “Thermes Bleus” n’est pas usurpé (les couleurs ne sont pas trafiquées, mort au HDR) !

Et le clou de la visite, la piscine.

De chaque coté du bâtiment qui abrite les bains se trouvent deux ailes avec cabinet médical et quelques chambres spartiates. Celle de droite est impraticable.

Mais l’endroit ne se limite pas aux thermes eux-mêmes, il y a également un Grand Hôtel.

Nous accédons à l’intérieur du Grand Hôtel par l’arrière, au loin on entend depuis un moment une tronçonneuse.

Nous commençons l’exploration et mon cerveau enregistre que la tronçonneuse s’est tue depuis un moment. Instinctivement nous parlons bas.

J’entends des pas et au bout de l’enfilade de pièces un homme en tenue de travail s’approche et et nous invective “qu’est-ce que vous faites ici? vous n’avez rien à faire là”.

Alors on reprend notre air innocent, Otis remue la queue. On parlemente, on explique qu’on est rentrés avec une gentille dame qui habite au-dessus, une sorte de laisser passer.

L’homme s’adoucit et nous explique que les vistes clandestines sont incessantes, qu’il a déjà “viré” plusieurs personnes lui-même ou en appelant la gendarmerie. C’est un voisin, il a toujours vécu là et a appris à nager dans la piscine. On imagine assez bien.

Nous finissons l’entrevue sur cette note nostalgique et la promesse de bien refermer en partant.


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