Chalmazel

Un VVF construit trop loin.

C’est l’histoire d’une petite station de ski des Monts du Forez qui connait les prémisses d’une activité touristique dans les années 1910. Les premiers voyageurs viennent y profiter d’un cadre verdoyant et des bienfaits de l’air pur.

La fréquentation reste anecdotique lors des mois d’hiver jusqu’en 1930. En 1934, la pratique du ski s’organise à Chalmazel autour du ski-club Roannais qui y aménage la première piste de descente.

En 1953, la première remontée mécanique est installée et elle fonctionne à l‘électricité grâce à son arrivée toute récente sur la commune.

Dans les années 60, le domaine se développe mais souffre cruellement du manque d’hébergement.

L’hôtel restaurant l’Eau Vive est alors construit en 1962 et offre 16 chambres tout confort.

Commence alors le boom de la station.

En 1967 des “oeufs” entrent en service et fonctionneront jusqu’en 2002.

La route départementale qui conduit à la station est élargie par le Conseil général pour permettre le stationnement.

Un chalet-restaurant est construit, à compter d’octobre 1969, au pied du domaine skiable. Le bâtiment, inauguré en août 1970, impose un style moderne, dispose d’une salle de restaurant en self-service de 120 places et bénéficie d’une terrasse au sud avec vue sur les pistes.

Toutes ces installations, qui sont gérées en régie, génèrent des coûts trop importants et les déficits finissent pas se creuser dangereusement.

Alors comme à chaque fois qu’une régie est déficitaire, la gestion est confiée à une société privée, la SOMMIVAL, en 1971. Pour booster la station, la SOMMIVAL incite à la construction d’un village vacances. Le Village Vacances Familles de Chalmazel sort de terre, fort de 5000 m2, 6O appartements et 350 lits. la structure tourne à plein dix mois sur douze.

Eté…..

… comme hiver.

La SOMMIVAL prend à bail l’ensemble immobilier et l’exploite.

Mais en 1995, la SOMMIVAL exige de la commune l’embellissement et la mise aux normes du site, ainsi que la création d’ouvertures et de terrasses . Le devis avoisine le million de francs; trop onéreux pour cette dernière, contrainte de mettre fin à la convention en 2001.

La commune trouve alors un investisseur clermontois, Orval Loisirs, qui rachète le site. En réalité le prix de rachat consiste en quatre petits studios attribués à la commune. 18 logements rénovés sont ensuite vendus à 12 propriétaires différents.

Orval Loisirs confie l’exploitation de son nouveau village à L’Escale du Forez, chargée de louer les appartements et d’animer le pub discothèque.

Mais en 2001, son gérant est mis en examen et incarcéré aux Baumettes à Marseille.

Comme dans presque chaque histoire de naufrage immobilier, l’investisseur avait rénové à moindre frais les logements, moyennant la vente d’appartements acquis eux-mêmes via des emprunts, notamment contractés auprès du Crédit Agricole.

Le promoteur est mis en liquidation judiciaire. Le liquidateur judiciaire met en vente le site dans l’espoir de limiter la catastrophe en épongeant quelques dettes. En 10 ans, plusieurs éventuels repreneurs se font manifestés sans pour autant aller très loin dans les démarches. En 2013, un montbrisonnais d’origine hollandaise se manifeste et s’investit jusqu’au jour où il reçoit le devis des travaux: plus de 3 millions d’euros. Tous les espoirs s’écroulent.

Dans ce désastre, la vraie question qu’il faut peut-être se poser, au delà de l’appât du gain et du manque de scrupules de certains, est celle du choix de l’emplacement. A 800m des pistes, en contrebas de la route, il n’était peut-être pas très judicieux…


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